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I contributi dei visitatori Enrico Minardi - La conception de la langue poétique chez Pasolini Premier chapitre: Pasolini et l’hermétisme: premières approches . . 1.2
Hermétisme et dialecte : une complémentarité possible
Selon Naldini, l’utilisation poétique du frioulan par Pasolini trouve sa nécessité au sein de la poésie hermétique de ces années-là, une poésie à l’égard de laquelle le jeune écrivain révélait, à cette époque, un très grand intérêt. Les rapports entre Pasolini et l’hermétisme sont anciens, puisque ceux-ci remontent à l’époque où Pasolini terminait ses études au lycée et entrait à l’université (1939-1940). Se souvenant de ces années-là, Luciano Serra, un des ses vieux amis de lycée, dit à ce propos: "[…] ma in testa avevamo poesia e letteratura. Alla libreria Cappelli […] cercavamo i libri di Ungaretti Montale Cardarelli Luzi Gatto Sereni Sinisgalli Betocchi Bertolucci Penna Fallacara De Libero […]." (1)Les traces de lecture des poètes hermétiques sont d’ailleurs facilement repérables dans sa correspondance de l’époque. Dans une lettre adressée à Franco Farolfi en juin 1940, Pasolini conseille, par exemple, à son ami d’acheter "i due ultimi numeri di "Primato" dove c’é un’interessantissima inchiesta sull’ermetismo", s’il veut commencer à se faire" una cultura contemporanea" (2).De même, dans une autre lettre adressée à Franco Farolfi en juin 1941 et dans deux lettres envoyées à Luciano Serra - la première le 28 août 1941 et la seconde le 1er septembre de la même année - Pasolini cite l’une des revues symbole du mouvement hermétique, Il Frontespizio, éditée à Firenze entre 1929 et 1938: "Ho letto molti libri di poesia, moderna, come sempre; ermetica. Ora la conosco quasi a fondo, e ne ho un giudizio critico quasi preciso" (3);Pasolini montre ici qu’il connaît bien la poésie contemporaine, à l’égard de laquelle il exprime des jugements autonomes (par exemple, son désaccord avec C. Bo à propos de M. Luzi). Je reviendrai plus tard sur les raisons de l’intérêt de Pasolini pour les poètes de son époque. Pour revenir à l’hypothèse de Naldini, c’est donc l’influence de l’hermétisme qui aurait permis à Pasolini de considérer le dialecte comme étant un instrument d’expression poétique idéal. Mais ce choix obligeait alors Pasolini à devenir poète dialectal et à entrer en contact avec la tradition poétique dialectale. À ce propos, Gianfranco Contini, dans l’article publié sur les Poesie a Casarsa quelques mois après leur parution, affirmait que: "[…] in questo fascicoletto si scorgerà la prima accessione della letteratura "dialettale" all’aura della poesia d’oggi, e pertanto una modificazione in profondità di quell’attributo."Selon le critique, Pasolini avec son recueil, avait d’emblée rénové la poésie dialectale. Il parlait, à cet égard, du " scandalo ch’egli introduce negli annali della letteratura dialettale " et du " narcissismo " et de la " posizione violentemente soggettiva " du poète. Il était alors tout à fait évident, aux yeux de Contini, que "Tali sentimenti non si possono evidentemente sistemare in un sottoprodotto dell’alta lingua letteraria […] : occorre una dignità di lingua, una sorta di equivalenza."C’était justement cette équivalence par rapport à la langue majeure des poèmes de Pasolini qui déterminait leur "piena contemporaneità" (6).
En d’autres termes, Pasolini n’envisage pas l’écriture en dialecte comme un échec vis-à-vis de l’obligation implicite à écrire en italien, dont il se montre absolument indépendant. Pour lui – mais pas pour Firpo et Noventa, d’après l’analyse de Contini – le choix d’écrire en dialecte est un choix autonome, dont la valeur se joue dans les résultats poétiques que le dialecte lui permet d’atteindre. Ces résultats sont, apparemment, beaucoup plus importants que ceux que l’écriture en italien pourrait lui octroyer. _________________
(1) L. SERRA,
«"Eredi" "Il Setaccio" "Stroligut" », in P.P.PASOLINI, Lettere
agli amici (1941-1945), a cura di L. Serra, Parma, Guanda, 1976, p.
IX-XXIV (cit. à la p. IX).
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