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Enrico Minardi - La conception de la langue poétique chez Pasolini
Premier chapitre:

Pasolini et l’hermétisme: premières approches
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1.3 Tentatives de poésie en italien

Biblioteca pubblica di San Daniele del FriuliÀ cette époque, Pasolini ne compose toutefois pas que des poèmes en dialecte. Sa correspondance témoigne au contraire que son activité créative porte surtout sur la composition de vers en langue italienne. Ceci est attesté par les nombreux poèmes transcrits dans les lettres envoyées à ses amis, dont quelques-uns seront traduits en dialecte pour être publiés dans les Poesie a Casarsa. (1)

Le jeune poète pense en effet publier un recueil en italien qui aurait dû avoir comme titre I confini del giorno ou, plus simplement, I confini (2).  Il tente aussi, avec ses amis d’université Luciano Serra Francesco Leonetti et Roberto Roversi, de créer une revue littéraire et artistique, Eredi

"per essere i continuatori di una tradizione studiata sui poeti nuovi". (3)
Ce dernier projet ne pourra pourtant pas aboutir à cause des restrictions gouvernementales quant à l’utilisation du papier à cause de la guerre. On peut en retrouver les traces aujourd’hui dans les lettres envoyées de Pasolini à ses amis Farolfi et Serra  pendant  l’été  1941  et  dans  les  témoignages  des  collaborateurs  pressentis (4). Eredi devait donc constituer, dans les intentions des ses créateurs, un lieu de confrontation avec la tradition poétique de la littérature en langue italienne. Quant aux poèmes italiens composés par Pasolini pendant l’été 1941, Naldini les juge justement à partir de cet esprit de confrontation:
"[Pasolini] elabora le sue poesie italiane secondo il programma dell’"arcaismo eredestico" con epigrafi di accentuato valore testimoniale. Questi versi, che parlano degli umili personaggi di Casarsa […] pongono la figura del poeta su un grandioso piano confessionale e il mondo umile che gli sta intorno in una prospettiva mitica con forti scorci di vicende reali e simbologie. Le poesie friulane nascono invece con immediatezza, si fanno quasi da sé. Le une e le altre sono scritte negli stessi giorni […]." (5)
Ceci correspond en effet à l’impression qu’on retient, en lisant les nombreux poèmes en langue italienne qu’il envoie à ses amis de juin à septembre 1941 (6). Je traduirais pourtant le sens des affirmations de Naldini dans les termes du conditionnement culturel que l’utilisation de la langue italienne produit inconsciemment sur le jeune poète, en lui imposant l’adoption de tournure de style particulièrement lourdes et empoulées. Brevini a parfaitement défini ce phénomène en affirmant que
"[…] qui siamo però ancora alla parola decorativa, estetizzante e sensuale della tradizione […] dunque ad un modernismo solo programmatico, che continua a muoversi entro gli spazi di una convenzione letteraria poco più che scolastica." (7)
L’utilisation de la langue italienne déclenche, en somme, chez Pasolini, une série d’automatismes littéraires tout à fait conventionnels, que Naldini décrit dans les termes d’un rapport lourdement égocentrique entre le poète et l’objet de son ءuvre, la campagne et le peuple frioulan. Il est évident que la démarche poétique de Pasolini trouve son inspiration dans une convention littéraire attardée, post-romantique. Brevini parle à ce propos de la conception du peuple chez Mazzini en tant qu’une des références culturelles qui influencent l’idéologie littéraire de Pasolini à cette époque, notamment au moment de son activité au sein des revues de la jeunesse fasciste de Bologna entre 1942 et 1943:
"Memorialismo, intimismo, squisitezza caratterizzano le opere di questi giovani, insieme alle inquietudini moralistiche e religiose che manifestano il disagio e la confusione con la quale essi cercavano di aprirsi alla storia, sforzandosi di ampliare con integrazioni epiche e oratorie l’idea dominante di poesia come organismo lirico-formale autonomo. L’esperienza della guerra, ad esempio, fu avvertita completamente al di fuori delle sue coordinate politiche : la guerra appariva une soluzione alle ansie private, ma anche uno strumento di moralizzazione della vita della nazione […]. I giovani dei GUF la vissero come esperienza di mistica purificazione che dall’io si allargava a un intero popolo, sensibilizzando a quella sofferenza umana, che Pasolini chiamerà "dolore civile" e costituirà la prima occasione di apertura al popolo visto ancora in un’ottica mazziniana." (8)
On peut donc sans doute parler d’une idéologie confuse et retardataire, où l’aspiration idéale de ces jeunes poètes vers le futur et le progrès était entravée par les énormes limites culturelles et par le bloquage politique de la réalité historique dans laquelle ils vivaient.

Dans l'hypothèse herméneutique de Naldini, il y a pourtant un pôle qui échappe à cette étroite dialectique littéraire, celui de la poésie dialectale. Bien qu’elle date de la même époque que la poésie en italien, la poésie dialectale apparaît en effet, aux yeux du critique, comme naissant sous l’action d’une impulsion créative beaucoup plus immédiate et donc irréfléchie que celle du pôle poétique italien. Cette immédiateté et ce manque de réflexion seraient, par conséquent, aussi à l’origine de son caractère littéraire moins conventionnel et plus novateur.

Selon l’opinion de Brevini, la conséquence directe de cette différence serait une sorte de contraste ressenti par le jeune poète entre, d’un côté, l’obligation " publique" de rendre hommage à la tradition littéraire, et, de l’autre, la nécessité intérieure d’une expression plus personnelle et plus libre:

"La via alle sue nugae friulane fu percorsa probabilmente con un vivo senso dell’opposizione fra interiorità e convenzione : fino da questi anni al giovane autore si poneva l’alternativa fra l’indulgenza al gusto letterario dominante con le sue promesse d’una facile celebrità e il bisogno di fedeltà alla propria voce che lo conduceva irreparabilmente ad una diversità non meno inquietante di quella biologica." (9)
Ce contraste est évidemment le produit des conditionnements du contexte littéraire, dont Pasolini n’arrivait pas à se libérer. Ils se reflètent d’une manière presque transparente dans les poèmes italiens qu’il rédige à cette époque, poèmes dont l’originalité n’est pas en effet l’une des premières qualités.

Friuli: la stazione ferroviaria di CorninoEn ce qui concerne l’affectation précieuse et archaïsante de leur langue, on peut, en effet, facilement reconnaître l’influence des classiques de la littérature italienne (10) - selon le programme établi pour Eredi. Mais la manière parnassienne et les atmosphères décadentes qui accompagnent parfois l’utilisation de ce lexique ne peuvent que renseigner le lecteur sur l’emprise du style paradisiaque de D’Annunzio (Poema paradisiaco, La Chimera…) sur le jeune écrivain.

Quant à l’influence des poètes hermétiques contemporains, on peut par contre la reconnaître dans l’allure gnomique que les poèmes de Pasolini adoptent à cette époque surtout grâce à une sorte de sentence morale présente dans plusieurs compositions. Elle est souvent posée par le poète à la fin de sa composition, selon l’exemple de Quasimodo, Ungaretti et de Montale, ce qui contribue à accroître son affectation.

Il faut enfin remarquer que certains de ces poèmes contiennent des tournures stylistiques expérimentales, sans aucun doute produits de l’imitation des Myricae et des Canti di Castelvecchio de Pascoli, et des Ossi di Seppia et des Occasioni de Montale. (11)

Des caractères tout à fait conventionnels et anonymes de ces poèmes, fondés sur l’imitation littéraire plutôt que sur une invention originale, ne se dégage peut-être que l’intonation déjà forte et intense du sujet poétique, sa position narcissique. Comme on a déjà vu, cet aspect, selon Contini, marquera en profondeur les Poesie a Casarsa.

Les citations de quelques extraits de ces poèmes permettront plus facilement de vérifier ce que je viens de dire à leur propos:

"Vieni con rochi fiori in mano,/ti ritrarrò con declinato capo,/tristi capelli, forza nelle labbra/intente, in atto come di luna/che tristemente sopra i rovi s’attardi " (Madrigale, p.74);

"Oh gioia rustica, tu turbi e chiami/chioccia voce alla lode ://qua cortile, aia, siepi di verde/polvere, la razza delle oche, qua,/aride di vita, mute sullo stagno/l’anatre d’irrompenti virate./Viri viri è per le prime il grido/d’"amoroso" richiamo, buti/buti, per te anatra d’acqua.//Qua, qua, tu non mi spiri,/apolline dal verde manto, tu,/finalmente cordiale, non batti fuggente,/poi, passo doloroso, ma sosti,/e meco ridi, giulivo, al suono/di queste rustiche grida." (Comicità rustica, p.64);

"Piega sulle viole del mite/vento, dopo oscuro giorno,/sensibile, la sera,/e tronchi e siepi oppone/alla corrente/e il dolce passo degli alberi.//A me sono lontano,/non ostacolo al vento,/non giovane che parli/o siepe.//Nè l’aria in me s’oscura./Ma il mio nome è ormai la secca/foglia, che, lieta, nei terrazzi della sera/ràntola./E in me che sono ormai la ventilata/e negra e fresca sponda della sera/sgomenta la gioia degli uomini/si perde." (I°. Divengo la sera, première partie des Tre note ai confini del giorno, pp.86-87);

"Tu non m’accogli, o a nuova sera/rinnovellata vita degli uomini,/nella tua cerchia di mesti ruderi,/oscuri alberi e romite mura,/nel sogno dei viventi. Ma nemica/sembianza mi travolge delle pallide/cose, che al mutare dell’ora, trasognano ;/e, come solgo, le conduco al limite/dell’infinito : ecco sgomento trepido/le loro fioche, nella vasta/vita che segue, prossime morti./O tu, cui non m’affido, Vergine,/parmi che in te risorgano/a mite ardore e sembianza vera./Forse l’azzurra sera/è di te piena, forse non mi tocca/la preghiera onde morente sole/ferisce i tigli, e dolci sono/i passi degli uomini e le voci." (Alla Vergine). (12)

Les limites des poèmes de Pasolini ne font d’ailleurs que refléter celles de sa formation intellectuelle, accomplie dans un milieu culturel que Brevini juge d’une manière très sévère:
"Selezione linguistica, ossequio ai modelli della tradizione, convenzionalità sentimentale : queste ipoteche gravano sull’apprendistato poetico di Pasolini, concluso in un decennio di accentuata codificazione letteraria, che ha lasciato alle spalle il clima avanguardistico dell’età vociana e futurista. Pasolini apre gli occhi alla letteratura in una società che, liquidati gli elementi sperimentali, si avvia a celebrare una sua neoclassica maturità : il primato della poesia si appoggia al riconoscimento della letteratura come valore e come vita ; la scrittura […] nasce da un privato che ha soppiantato ogni altra fonte di ispirazione; il rapporto con la tradizione è sentito come rapporto con un repertorio al quale attingere per corrispondenza e affinità. La civiltà letteraria dell’epoca offre i suoi modelli critici in Anceschi, Gargiulo, De Robertis, Bo e Contini e se i dibattiti si sono trasferiti da riviste come "La Ronda" , "Solaria" , "Pan" e "Pegaso" ad altre come "Letteratura" e "Campo di Marte", non è tuttavia mutata la loro evasività. Unica voce di rinnovamento quella ermetica, che non esce per altro dai domini della storia della parola e dai limbi di quella comunicazione cifrata e iniziatica ben nota. Avvicinando Pasolini bolognese non si può inoltre dimenticare la provincia fascista con le sue glorie nazionali, né l’università carducciana e la forte tradizione umanistico-classicistica che vi persisteva." (13)
Cette évaluation me paraît en réalité trop sévère car elle ne respecte pas tout à fait la vérité historique, comme je le montrerai plus tard. Elle pose, malgré tout, le problème de la formation littéraire de Pasolini dans le cadre culturel de son époque, et, en particulier, du rôle que l’hermétisme a pu y jouer. Or, en revenant à l’hypothèse de Naldini que j’ai exposée plus haut à propos de la connaissance du frioulan par Pasolini, je devrais me demander s’il existait des raisons à l’intérieur de l’hermétisme, qui auraient pu lui imposer le choix du dialecte en tant que langue tout à fait fonctionnelle à son expression poétique.

Il convient donc de se tourner vers l’hermétisme pour connaître le rôle qu’il a pu réellement jouer au moment de la formation poétique de Pasolini et notamment en fonction de sa conception de la langue poétique.

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NOTE
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(1) «Per tutta l’estate scrive una poesia o più al giorno; molte sono in italiano, alcune in dialetto. Di alcune italiane ci sarà subito la traduzione - rifacimento in friulano; altre italiane, poste in dubbio da una lettura successiva, prima di essere rifiutate cederanno qualcosa di sé - un’immagine, un nome - a una nuova poesia italiana. » (1) (N. NALDINI, «Cronologia 1941», in P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. XXXVI)..
(2) Cf. la lettre à L. Serra du juillet 1941: «Mi piacerebbe intitolare l’eventuale libro di mie poesie I confini del giorno, o semplicemente I confini.», in P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. 61..
(3) Cf. L. SERRA, op. cit., p. IX. Dans un article postérieur, Serra reviendra sur cette même question: leur revue «doveva rappresentare la continuità della poesia classica filtrata dalla moderna di Ungaretti, Montale, Sereni, ma non Quasimodo, che fu sempre, per Pasolini, qualcosa da respingere», in L. SERRA, «Questi ritorni son per me una vera pena», in Bolognaincontri, a. XVI, n° 9, septembre, 1985 (in M. A. BAZZOCCHI, E. RAIMONDI, «Una tesi di laurea e una città», in P.P.PASOLINI, Antologia della lirica pascoliana, Torino, Einaudi, 1993, p. V-XXXVI..
(4) Cf. les lettres suivantes de Pasolini écrites en 1941: juin, à F. Farolfi (in P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. 41) ; juin, à F. Farolfi (ibid., p. 44); juillet, à L. Serra (ibid., p. 54); 1 août, à L. Serra (ibid., p. 62); fin août, à L. Serra (ibid., p. 102). Mais Pasolini en continue à parler quand le projet a déjà été définitivement abandonné: cf. les deux lettres à L. Serra du 22 janvier 1943 (ibid., p. 150) et du 24 avril de la même année (ibid., p. 167). Cf.  aussi L. SERRA,  «"Eredi" "IlSetaccio" "Stroligut"», cit., p. IX-XIII..
(5) N. NALDINI, op. cit., p. XXXVI..
(6) On en trouve dans les lettres suivantes (les pages renvoient à l’édition citée des lettres de Pasolini): à L. Serra, en juin, p. 42-43; idem, le 18 juillet, p. 48-50;  idem, en juillet, p. 51-52;  idem, en juillet, p. 53-61;  idem, le premier août, p. 64-67;  idem, en août, p. 73-77;  idem, le 20 août, p. 84-91; à F. Leonetti, en août, p.94-95; à L. Serra, le premier septembre, p. 106-108;  idem, en septembre, p. 111-113;  idem, le 16 septembre, p. 116-120..
(7) F. BREVINI, «Pasolini prima delle Poesie a Casarsa», in Belfagor, a. XXXVI, n° 1, 31 janvier 1981, p. 23-46 (cit. à la p. 27)..
(8) Ibid., p. 42..
(9) Ibid., p. 28. Brevini formule aussi l’hypothèse de l’existence de raisons directement politiques à la base de ce contraste: «Non doveva essere facile per un giovane ambizioso esordire con un volume di liriche dialettali in anni in cui il Ministero della Cultura Popolare inviava alla stampa prescrizioni del tipo: "I quotidiani, i periodici e le riviste non devono più occuparsi in modo assoluto del dialetto"; "Non occuparsi del teatro vernacolo"; "Non occuparsi di produzioni dialettali e dialetti in Italia". E con alle spalle un’educazione monolinguistica, che scomunicava ogni ricorso al concreto e al popolare, fosse anche semplicemente linguistico.», ibid., p. 28..
(10) On sait bien qu’à cette époque les rapports entre Pasolini et les "classiques" de la littérature italienne sont influencés par les brusques changements d’humeurs du poète. On peut par exemple lire dans une lettre envoyée à F. Farolfi pendant l’hiver 1941: «Sono, ora, preso nel vortice di una nuova occupazione, l’esercitazione d’italiano: le Rime del Tasso dopo S.Anna:  la bibliografia è immensa, sono ormai in totale quattro ore di lavoro in biblioteca, solo per annotare e guardare che libri vi siano intorno a questo argomento. È questo il classico lavoro universitario, fatto per puro senso di retorica e di erudizione, da cui aborro e che stroncherò, con atto di coraggio, sul viso stesso del prof. Calcaterra, quando pronuncerò la mia relazione. Cosa può importare a me, che idolatro Cézanne, che sento forte Ungaretti, che coltivo Freud, di quelle migliaia di versi ingialliti ed afoni di un Tasso minore?» (p. 28)  Et encore, dans une lettre à L. Serra de l’août 1941: «Sono stomacato dai classici: quelli che leggo per conto mio e quelli per l’Università (Angiolieri, Belcari, Manzoni, Folgore, Tasso, Alfieri ecc.). L’unico che non mi abbia stancato è il Petrarca, che è salito moltissimo nella mia valutazione.» (p. 70) Dans une autre lettre à Farolfi, de l’été 1941, on peut aussi lire dans le même ton: «Maledico ogni giorno quel cretino esame di italiano, che mi riempie la testa con quei corsi monografici sul Tasso, Alfieri ecc., che letti poco alla volta, bene, ma lette di seguito le loro "opera omnia" fanno morire d’inedia. Fortuna, ho con me molti poeti moderni e moderni critici, e monografie d’arte, la cui consolazione non è poca. […] (Mi ha tanto stomacato la "prosa" dell’Alfieri, e l’aulica lirica del Tasso, che, per sfogo, scrivo non dico frasi prive di sintassi, ma anche sgrammaticate).» (p. 78)  Le voilà par contre affirmer, quelques jours après, dans une lettre du 20 août à L. Serra: «Fuori luogo, mi sembra Luciano, la tua difesa del Carducci: io amo anche troppo i classici, Carducci compreso, perché tu me li venga ad esaltare. […] Mi sono completamente concesso ai classici: le meraviglie della "Pentecoste" e del "5 maggio"! Il "Canzoniere" del Petrarca! Le tragedie dell’Alfieri! sono per me entusiasmanti rivelazioni. Ma soprattutto il Foscolo: è il mio autore, il mio maestro e duca. Non so quante volte ho riletto le sue odi i suoi sonetti, i Sepolcri! Ora sono in preda follemente alle "Grazie", di cui leggo ogni minimo frammento, ogni stesura iniziale, ogni rifacimento ecc.; sono entusiasta di questo lavoro.» (p. 81-83). Et répéter, encore à Serra, le 28 du même mois: «Mie letture: Ugo Foscolo, caro Luciano, ha altre magnifiche frasi polemiche che ci potranno servire; è l’unico scrittore di epigrammi il cui spirito faccia fare ancora larghe risate: e sono ingegnosissimi e varî.» (p. 96)..
(11) Cf. ce que Pasolini dit à l’égard de Quasimodo et de Montale dans une lettre de septembre 1940, adressée à F. Farolfi: «Ho letto Le Occasioni di Montale che mi è piaciuto ma non mi ha entusiasmato, entuasiasmato mi ha invece la traduzione di Quasimodo di lirici greci. "O incoronata di viole, divina-dolce ridente Saffo!"» (p. 14) Cf. un autre jugement sur quelques poèmes de l’ءuvre Poesie de Quasimodo, publiée en 1938, contenu dans une lettre adressée à L. Serra le 20 août 1941: «Quasimodo: media mi sembra "Preghiera alla pioggia": comune la prima strofa. Più bella la seconda. La terza: i primi due versi buoni, mediocri i due secondi. Mi lascia molto freddo l’ultima. L’"Elegos" è una cosa superiore, pur avendo qua e là qualche ombra. Mi ha fatto fremere quell’"Anadiomene" finale, e in genere le ultime 5 strofe. Ho una voglia immensa di leggermi tutto Quasimodo, il cui tono mi sembra più valido e duraturo della nostra poesia contemporanea per la sua maggior misura classica […]. » (p. 83) Malgré cela, le voilà exprimer une opinion tout à fait opposée à l’égard de Quasimodo, dans une lettre envoyée à L. Serra deux ans après (le 24 avril 1943): «Ho perso un numero importante di lettere, fra cui anche le tue, con le tue poesie: dovresti rimandarmele tutte e due. (La seconda che mi hai mandato non mi va molto: è troppo quasimodiana. Quasimodiana, Luciano, è terribile ! Odia come me quel pugnettario delle parole, aboliscilo dalla tua memoria. E sii logico, Luciano quando scrivi; nelle tue poesie ultime c’é sempre una contraddizione logica, e non si capisce se vuoi o non vuoi una cosa).» (p. 167)  En ce qui concerne mon approfondissement du rapport entre Pasolini et Ungaretti, les autres poètes hermétisants (Luzi et Betocchi) et Pascoli, cf. passim. Brevini confirme les influences littéraires sur le jeune poète, que j’ai indiquées, en remarquant aussi la présence d’échos directs de la poésie de Govoni, ainsi que de celle de Sereni, dont la première ءuvre Frontiera (1941) serait à la base de l’intitulé de son premier projet de recueil poétique, I confini (cf. F.BREVINI, op. cit., p. 27-32 et passim)..
(12) P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. 12-113..
(13) F. BREVINI, op. cit., p. 27-28.
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Enrico Minardi, La conception de la langue poétique chez Pasolini
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