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I contributi dei visitatori Enrico Minardi - La conception de la langue poétique chez Pasolini Premier chapitre: Pasolini et l’hermétisme: premières approches . . 1.5 Les débuts de Pasolini dans Architrave et Il Setaccio
"un’aspirazione di classicità, anche formale 'en tant que' risposta alla violenza dell’informe". (1)Il ne s’agit pourtant pas d’un désir régressif vers un classicisme formel; mais plutôt d’une polémique vis-à-vis de ce que représente la finalité essentiellement formaliste de l’hermétisme aux yeux de ces jeunes hommes de lettres. Roversi affirme d’une façon très critique en janvier 1942: "[…] tutte le vaste creazioni dello spirito umano sono nate perché sull’artista gravava il senso dell’infinito : dai greci, ai persiani, ai romani fino a noi ; poi vennero i simbolisti francesi a inaridire in una meravigliosa pietraia la poesia : i nostri poeti vengono quasi tutti di lì, sono degli epigoni di gran lunga inferiori ai maestri ; poi serpeggia al fondo di tutta la nostra produzione poetica un malsano dannunzianesimo, una sottile sensualità torbida, una sottilissima carnalità, coperta dal comodo velario delle parole." (2)Il n’exclut de cet horizon poétique négatif qu’"Ungaretti, Saba e forse Campana". Pasolini ne partage pas cette humeur polémique vis-à-vis des hermétiques. Cependant, il ne manque pas l’occasion de constater que, parmi les nouveaux prosateurs, il y en avait qui commençaient à prendre de la distance par rapport à la prose hermétique, et en particulier par rapport à son annulation des coordonnées temporelles linéaires lors de la reconstitution des événements passés. Le prétexte à son intervention est la parution d’un livre de Siria Masetti (Microcosmo), livre que Pasolini oppose à ceux de Bilenchi et de Cassola et qui s’inscrivent encore dans le "genre" de la prose hermétique: "Se, modestamente, si volesse dare una definizione della nostra recente narrativa […] si potrebbe dire che essa trova la sua giustificazione di "racconto" nel rendere validi i propri motivi interiori e accaduti nella realtà, attraverso una rievocazione poetica e un’atmosfera di pacata rimeditazione. […] Questo amore della pagina dolcemente meditata, questo chiaroveggente abbandono ad una sottile scrittura, danno un modo di narrazione che non richiede la necessità di un inizio, di una fine, di una trama costruita e conchiusa […]. Ora, io non so fin dove giunga la cultura contemporanea di Siria Masetti; ma le risorse della sua narrazione si presentano, sebbene non del tutto chiaramente, al di fuori delle condizioni che ho accennato. Microcosmo è un racconto che "comincia" e "finisce" senza titubanze : le sue intenzioni sono scoperte nella volontà della scrittrice di definire e conchiudere, nel giro delle pagine, un periodo della propria esistenza […]." (3)Ramat est d’avis que les deux écrits de Pasolini et de Roversi sont complémentaires – bien que celui de Pasolini soit évidemment moins véhément – justement parce qu’ils affichent une même "contestazione di un credito di autorità ai giovani maestri, in nome del rifiuto di quello che appare ai giovanissimi la loro finalità essenzialmente formalistica, un distacco della parola dalla cosa." (4) J'ai déjà parlé du risque, pour la poésie hermétique, d’évoluer dans une direction exclusivement formaliste. On verra que Pasolini le dénoncera à plusieurs reprises dans ses articles critiques de jeunesse. Pendant ses années universitaires passées à Bologna, Pasolini utilise à cet effet les publications périodiques, dont le régime fasciste était le promoteur par l’intermédiaire de ses deux organisations culturelles juvéniles, le GUF et le GIL (5). À la même époque, vers la fin de juillet 1942, il publie pour les éditions de la Libreria Antiquaria de Mario Landi, à Bologna, son premier recueil de poésie, Poesie a Casarsa. (6) Quelques jours plus tard il reçoit un billet de félicitations de la part de Contini. Il en est tellement fier qu’il s’empresse de le faire parvenir à ses amis : "Evviva il mio libretto. Ho ricevuto varie lettere di elogio tra cui questa di G. Contini "Caro Pasolini, ho ricevuto ieri il vostro Poesie a Casarsa, è piaciuto tanto che ho inviato subito una recensione a Primato, se la vogliono". Per due giorni sono stato felice […]." (7)Il publie donc ses articles dans Architrave et dans Il Setaccio, revue dont il contribue aussi à la fondation et qu’il anime dans la brève période de son existence (octobre 1942-avril 1943) (8). . _________________ NOTE . (1) S. RAMAT, op. cit., p. 334.. (2) R. ROVERSI, « Polemica », Architrave, gennaio 1942 (cit. in S. RAMAT, op.cit., p. 333).. (3) P.P.PASOLINI, « Microcosmo », Architrave, a. II, n°6, 8 aprile 1942. On peut maintenant lire cet article in P.P.PASOLINI, Il portico della morte, a cura di C. Segre, Milano, Garzanti, 1988, p. 3-4 ; et in P.P.PASOLINI, Saggi sulla letteratura e sull’arte, cit., vol.I, p. 13-14. Il parle ici des livre de Siria Masetti, Microcosmo, Catania, Intelisano, 1941, et de Romano Bilenchi, Conservatorio di Santa Teresa, Firenze, Vallecchi, 1940.. (4) S. RAMAT, op. cit., p. 337.. (5) Une étude très utile sur les revues de jeunesse fascistes est celle de M. ADDIS SABA, Gioventù italiana del littorio. La stampa dei giovani nella guerra fascista, Milano, Feltrinelli, 1973. C’est par contre Brevini qui reconstruit le contexte socio-culturel de l’époque, dans lequel Pasolini commence sa collaboration aux périodiques de la jeunesse fasciste (F. BREVINI, « Pasolini prima delle Poesie a Casarsa », cit.). Cf. aussi G. LUTI, op. cit., p. 202-227.. (6) Les Poesie a Casarsa paraissent en même temps que les livres de ses amis Francesco Leonetti, Sopra una perduta estate, Roberto Roversi, Poesie et Luciano Serra, Canto di memorie, c’est-à-dire les amis avec lesquels il avait eu l’intention d’éditer la revue Eredi (cf. lettre du premier août 1941 à L. Serra, in P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. 62-68 ; lettre du 10 juillet 1942 à L. Serra, ibid., p. 134-135 ; lettre du 23 septembre 1942 à L. Serra, ibid., p. 142-143).. (7) Lettre à L. Serra, juillet-août 1942, ibid., p. 138.. (8) En ce qui concerne l’histoire de Architrave, cf. M. ADDIS SABA, op.cit., p. 115-120 ; G. LUTI, op. cit., p. 202. Quant à Il Setaccio, parurent six numéros avec une échéance mensuelle (novembre, décembre 1942 ; janvier, février, mars, mai 1943), mais Pasolini ne participa qu’aux cinq premiers. Sur tout ce qui concerne les rapports entre Pasolini et Il Setaccio, cf. P.P.PASOLINI Pier Paolo Pasolini e "Il Setaccio" (1942-1943), a cura di M. Ricci, Bologna, Cappelli, 1977. Pour reconstituer la chronologie des deux revues, cf. les lettres de Pasolini écrites entre octobre 1942 et avril 1943, in P.P.PASOLINI, Lettere 1940-1954, cit., p. 144-168. Cf. notamment les lettres adressées à F. Farolfi, octobre 1942, p. 144 ; à L. Serra, décembre 1942, pp.146-147 ; à Fabio Mauri, janvier 1943, pp.148-149 ; à L. Serra, 22 janvier 1943, p. 150 ; à Fabio Luca Cavazza, janvier 1943, p. 151-152 ; idem, janvier 1943, p. 153 ; à F. Mauri, février. 1943, pp.154-155 ; à F.L. Cavazza, février 1943, p. 156-158 ; idem, février 1943, p.159 ; idem, mars 1943, p. 160 ; idem, mars 1943, p.161 ; à L. Serra, 8 mars 1943, p. 162 ; idem, 30 mars 1943, p. 163-165 ; idem, 24 avril 1943, p. 167-168. . © 2002-2003 - Tutti i diritti riservati |
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