|
Pier Paolo
Pasolini
Autour de la figure de
Pasolini,
poète et
cinéaste
Les rendez-vous du Salon du livre
Table ronde autour de "La littérature et le cinéma
entre la France
et l'Italie de 1960 à 1990".
Le dimanche 24 mars 2002 de 17H à 18H à la Salle
Italie
* * *
Pasolini
l'empiriste
Suite au Festival du film Documentaire de Lussas qui avait
consacré cet été une partie de sa programmation
à l'oeuvre de Pasolini, la revue Images documentaires
publie un numéro dédié à cet aspect peu connu
de l'oeuvre du cinéaste italien. Afin de célébrer
cet événement, ainsi que la publication de trois nouveaux
volumes des oeuvres complètes de Pasolini, la librairie La
Tour de Babel a organisé le 6 mars dernier (2002) une
rencontre-débat autour de la figure du poète et
cinéaste.
Hervé Joubert-Laurencin, auteur de Pasolini, Portrait
du poète en cinéaste, et Jean-Claude Biette,
cinéaste, rédacteur en chef de la revue Trafic,
ancien assistant de Pasolini sur son film Œdipe Roi,
étudient, autour d'une oeuvre rare - La Rabbia, la
vision de Pasolini documentariste. "Qu'est-ce que les nuages?"
demande le cinéaste, "ce que j'aime le plus" avait
répondu le poète. Réflexion sur le "miroir de
l'infini".
Hervé Joubert
Laurencin
L'idée de départ de la rencontre aujourd'hui a
été le Festival du film documentaire de Lussas. Ils ont
eu cette envie, qui m'a parue immédiatement très
justifiée, de s'intéresser à Pasolini sous cet angle
inattendu qu'est le documentaire. En effet, jusque-là, les
gens qui pensaient à Pasolini ne pensaient pas au
documentaire. Or, pour le documentaire, il se passe exactement ce
qui s'est toujours passé dans sa vie quand il s'est
intéressé à un domaine, c'est-à-dire qu'il en a
appris les codes très rapidement, il en a parcouru les lois de
façon assez fulgurante, pour atteindre un état
transgressif. (Pasolini était quelqu'un, je pense, qui avait
une compréhension extrêmement rapide des lois : son
rapport à la question de la loi m'a toujours parue très
important, et n'est pas exactement celui que l'on s'imagine à
première vue, c'est une espèce d'amour étrange pour
la loi et pour les codes.) Il accomplit ainsi un travail de
relation avec la norme, avec la loi, qu'il commence d'abord avec
lui-même, ce qui explique qu'il est ensuite capable de le
faire avec des lieux constitués. Le documentaire est l'un de
ceux-là : il se l'est approprié, au point que la question
reste de savoir si certains de ses films peuvent être
considérés comme tels ou pas. D'ailleurs, je suis
d'accord avec tout le monde sur le fait que la disparité de
ses films fait éclater ce mot de documentaire, dont de toutes
les façons on n'est en général pas très
satisfait. Voir ce que Pasolini a fait, c'est aussi une
manière de voir que documentaire, ça veut dire beaucoup
de choses différentes.
Quel est le rapport de Pasolini au
réel?
Je crois que par rapport au documentaire, Pasolini est, comme
dans tous les autres domaines, un "empiriste hérétique",
pour reprendre mot à mot le titre de son livre, qui a
été traduit en France - pour des raisons éditoriales
-, L'Expérience hérétique. Il me semble que
Pasolini peut questionner le rapport d'un cinéaste au
documentaire justement parce qu'il a développé dans toute
sa poésie, et ensuite logiquement aussi dans tout son travail
cinématographique, la question du rapport à la
réalité et probablement un questionnement tragique du
rapport à la réalité. L'une des particularités
de cet artiste, dont l'oeuvre est si dense, c'est en effet de
montrer cette multiplicité du monde par lui-même, par lui
tout seul : chez lui, la multiplicité est interne. C'est
d'ailleurs exactement la définition qu'il donne de
lui-même dans le film de Jean-André Fieschi : il dit
qu'il est le miroir de l'infini ! On pourrait se moquer en pensant
qu'il est complètement égocentrique, mais je crois que
non, et c'est effectivement là où il est le plus fort:
sur la connaissance de lui-même qui est connaissance du
monde.
Jean-Claude
Biette
Il me vient d'ailleurs une idée par rapport à la
différence, chez Pasolini, entre les films narratifs - ou
dramatiques - et les documentaires : il y a un point commun,
qui est la réalité. Pour lui, c'est un changement de
technique, mais c'est la même réalité. Ainsi, il y a
un point commun à de nombreux documentaires - qui est aussi
leur richesse -, c'est l'aléatoire, la surprise, le casuel,
les choses qui arrivent. Or chez Pasolini, cette chose-là a
une fonction extrêmement mineure : la réalité, pour
lui, est à prendre comme matériau expressif. La
réalité dit des choses, la réalité est un
système de signes, il n'y a donc pas à faire trop
confiance au hasard, puisque ce qu'on cherche, c'est à montrer
un ensemble de signes qui créent un sens. Lui-même est
donc le miroir de l'infini, et c'est en tant que miroir de l'infini
qu'il est capable d'inventer des fables d'un côté, et
d'autre part de voir la réalité dans son sens le plus
poétique.
Hervé Joubert
Laurencin
Nous allons voir maintenant un extrait d'un film très
rare de Pasolini, qui s'appelle La Rabbia, qui est fait
à partir d'images d'actualités filmées, et dont le
thème est la guerre froide. C'est un film en deux parties,
l'une de Pasolini et l'autre du dessinateur, écrivain et
cinéaste Guarreschi, qui était de la droite
extrême… Le producteur voulait ainsi confronter deux
points de vue sur une époque. La deuxième partie a bien
existé, mais c'est une histoire un peu compliquée, parce
que Pasolini n'a pas accepté que son nom soit associé
à un film dont une partie faisait l'apologie de l'armée,
qui était très raciste, contre les noirs par exemple -
à plusieurs reprises il y a des montages et des commentaires
vraiment scandaleux. Il a donc voulu retirer son nom du
générique, mais il ne pouvait plus. Finalement, le film
n'est sorti que deux jours en salles. On ne l'a retrouvé que
longtemps après, dans les années 80, quand on a
reconstitué l'intégrale des films de Pasolini, dans
laquelle figurent les cinquante minutes de Pasolini, sans les
cinquante minutes de Guarreschi ; mais le film véritable
s'appelle La Rabbia, et en deux parties, l'une de Gauche et
l'autre de Droite.
PROJECTION DE LA FIN DU FILM LA
RABBIA
Séquences de Marilyn Monroe, de la bombe
atomique
et du cosmonaute Titov

Hervé Joubert Laurencin : On pourrait croire
à un film de propagande communiste, mais ce n'est pas le cas,
bien qu'il faille quand même écouter et regarder
attentivement le film pour s'en persuader. Malgré les choeurs
de l'Armée Rouge et d'autres éléments du même
ordre, qui sont en fait absolument superficiels, on voit aussi
très vite qu'il y a des moments vraiment drôles, comme
par exemple "la visite de réalisme socialiste", avec le guide,
dont Pasolini lui-même refait la
voix.
Ce film s'appelle La Rabbia, La
Rage. Comme Pasolini l'explique dans le film de Jean-André
Fieschi, ce mot caractérise une certaine posture
résistante ; pourtant, plus que de la rage, ne trouvez-vous
pas qu'il se dégage une profonde mélancolie des extraits
que nous venons de voir?
Hervé Joubert
Laurencin
Je crois que vous notez là ce balancement d'un
extrême à l'autre que l'on retrouve toujours chez
Pasolini: on ressent donc une grande douceur dans un film qui
s'appelle La Rabbia. Le film se structure autour de deux
voix off, l'une s'exprimant en prose, l'autre en poésie, et
ces sentiments de rage et de douceur sont là, dans les deux
voix, qui sont celles des amis de Pasolini: la voix de la
rabbia, de la rage justement, qui est la voix en prose -
Pasolini l'appelle "la voce in prosa" - est celle de Guttuso, qui
est peintre, dont les couleurs stridentes apparaissent dans le
film, et la "voce in poesia" est celle de son ami le doux Giorgio
Bassani. Ce n'est d'ailleurs que justice, parce que Bassani est
celui qui a fait entrer Pasolini dans le cinéma, puisqu'il est
le premier à l'avoir fait travailler comme scénariste
avec lui.
Jean-Claude
Biette
Il me semble en outre que d'appeler le film La Rabbia,
c'est déjà une impulsion expressive très forte, qui
oriente la lecture du film. Après, il n'y a pas besoin de le
faire aller vers l'expression de la rabbia, elle est
indiquée par le titre. C'est le titre au sens fort qui donne
sa couleur au film.
En quoi la compréhension des
"documentaires" de Pasolini renouvelle-t-elle notre approche de son
oeuvre?
Hervé
Joubert Laurencin
Pétrole, son roman posthume, ne peut vraiment pas
être entendu sans la compréhension en profondeur du
projet des Appunti, des Carnets de Notes pour des
films à faire. C'est dans ce cinéma que l'on a une des
réponses importantes, philologiques même, à la
constitution et à la vérité de Pétrole.
En effet, dans cette série de films en 16 millimètres et
en noir et blanc (alors que parallèlement il tourne ses autres
films en 35 millimètre et en couleur), Pasolini continue, avec
moins d'argent mais par plaisir (dont celui des voyages), à
expérimenter un rapport encore plus direct à la
brutalité de la réalité. Se met alors en place
progressivement cette idée, qui jusqu'aux Notes pour un
poème sur le Tiers-Monde va devenir de plus en plus
complexe, d'un achèvement de l'inachèvement. Et ça,
c'est absolument la forme de Pétrole.
Pétrole est parfaitement lié à
l'évolution des films documentaires, si on peut les appeler
comme ça, qui deviennent de véritables
expérimentations. Dans ces films, ce sont sans doute les
Notes pour une Orestie africaine qui vont le plus loin dans
le principe du film-essai, du film inachevé qui, une fois
fait, reste encore à faire. Or, dans le domaine
littéraire, Pétrole est le roman qui pousse
jusqu'à l'extrême la construction
délibérée de l'inachevé. Le manuscrit de
Pétrole est sous forme de brouillon parce que Pasolini
est mort avant de l'avoir terminé, et il ne l'aurait
sûrement jamais laissé comme ça, puisqu'il fait 600
pages et qu'il prévoyait d'en écrire 2000 (ce qui
explique qu'on l'a publié 17 ans après sa mort) ; mais il
peut aussi être considéré comme achevé, puisque
Pasolini voulait de toutes les façons qu'il se présente
à l'état de brouillon, à l'état fictif de livre
non achevé, de livre trouvé à la poubelle, ou de
livre trouvé chez un écrivain qui est mort
prématurément.
Quels ont été, d'après
vous, les moments les plus forts des rencontres de
Lussas?
Hervé Joubert
Laurencin
A Lussas, j'ai fait une rencontre extraordinaire, celle de
Cecilia Mangini. C'est une rencontre extraordinaire, notamment pour
la connaissance qu'on peut avoir aujourd'hui de la veine
documentaire de Pasolini, et ce d'une manière évidente et
concrète. En effet, il s'agit d'une personne qui est
documentariste, depuis toujours, militante, et qui dans les
années 50 a été demander à Pasolini, qui
n'était alors qu'écrivain, de lui écrire des
commentaires pour ses courts-métrages documentaires - lesquels
étaient d'ailleurs inspirés des romans de Pasolini. Il
l'a fait trois fois. Pour Stendali (1960), qui montre une
reconstitution magnifique des rites de deuil des femmes de Salante,
Pasolini a écrit un commentaire qui est en fait un montage de
textes tirés de l'une de ses deux anthologies de poésie
dialectale. Ignoti alla città (Inconnus à la
ville, 1958) et La Canta della marane (Le Chant des
fossés, 1962) sont eux, nettement plus affiliés
à son cinéma. Or la surprise que constituent ces deux
films repose sur le fait qu'ils sont faits avec des garçons
qui apparaissent dans les romans de Pasolini, Ragazzi di
vita et Una Vita Violenta, et qui n'apparaissent
justement pas dans ses premiers films, Accattone et Mamma
Roma. Cela confirmait ce que j'avais déjà
remarqué autrefois, à savoir qu'il y avait une
montée en âge entre les protagonistes des romans romains
et ceux des films romains. Cela s'explique parfaitement, parce que
dans les romans, ce sont quasiment des enfants, de grands enfants
ou de jeunes adolescents, tandis que dans les films, on voyait mal
- y compris pour des raisons de censure - des acteurs enfants tenir
des rôles de proxénètes par exemple. Mais dans les
films de Cecilia Mangini, on voit les enfants, les vrais, ceux que
Pasolini connaissait, qu'il a connus dans la banlieue, ceux qui
vont s'amuser en se lançant de la boue, et en jouant dans
l'eau de l'Aniene - pas du Tibre, de l'Aniene, c'est-à-dire
vraiment dans les borgate, dans les banlieues qui ceinturent Rome.
De ce point de vue-là, ces deux films sont donc absolument
magnifiques, ce sont des films de Pasolini d'avant Pasolini, plus
pasoliniens que les films de Pasolini, ce qui est quand-même
tout à fait époustouflant comme découverte
après-coup.
Quelle est l'importance des
scénarios de Pasolini?
Hervé Joubert
Laurencin
Pasolini est un très grand écrivain de
scénarios. Pour moi, cela a été une découverte
majeure de pouvoir lire les brouillons de ses scénarios aux
archives Pasolini à Florence. On constate que là aussi
Pasolini est fulgurant : le texte est tapé directement à
la machine, sur des feuilles pliées en deux, puis corrigé
sur la machine. Et ça va à toute vitesse ! Le travail de
co-scénariste notamment est très impressionnant. Entre 54
et le début de sa carrière de cinéaste, avec
Accattone, en 1961, il s'approprie des scénarios qui
n'ont strictement rien à voir avec son univers, tout en se
plaçant toujours au bon endroit : aujourd'hui on dirait qu'il
est un ''script doctor'', pour employer une expression tout à
fait anachronique. C'est quelqu'un qui est capable de se
mouler dans un univers, tout en amenant quelque chose qui est
profondément à lui, et ce avec des gens très
différents. De la même façon, l'écriture des
scénarios de ses propres films est tout à fait
remarquable. C'est pour cette raison que publier les scénarios
de Pasolini n'a pas du tout le même sens que publier des
scénarios en général : ce n'est pas parce que c'est
un grand écrivain, c'est pour une autre raison, qui est
vraiment de l'ordre de la lecture des scénarios, de
l'utilité du scénario. D'ailleurs il en a fait
également la théorie, et pas seulement dans le texte
qu'on cite toujours et qu'on connaît, qui est "le
scénario comme forme tendant vers une autre forme", qui se
trouve dans L'Expérience
Hérétique.
Les scénarios sont importants aussi dans le regard que
l'on porte aujourd'hui sur la pratique de la littérature de
Pasolini, puisqu'on considère qu'il n'est pas si
éloigné qu'il en a l'air des avant-gardes qu'il a
combattues, et qu'il existe une sorte de relation d'amour-haine
avec les avant-gardes de son temps. Dans cette
configuration-là, il y a chez lui toute une vraie
réflexion sur ce que c'est qu'un texte qui n'est pas
exactement un texte littéraire comme on l'entend d'habitude,
mais un texte pris dans une praxis, dans une posture, qui est fait
pour être une action, tout en étant tout de même
profondément littéraire.
Pasolini a-t-il des
successeurs?
Hervé Joubert
Laurencin
Non, c'est une chose que l'on a souvent remarqué, on ne
lui trouve pas de successeurs. Mais c'était aussi un
cinéma qui était tellement multiple que c'est difficile
d'imaginer ce que serait un nouveau Pasolini, un disciple, ou
quelqu'un qui serait dans le même cheminement, sinon ceux qui
ont travaillé avec lui et qui ensuite ont fait une autre
oeuvre, mais qui sont très
différents.
Jean-Claude
Biette
Peut-être pourrait-on citer Sergio Citti. Son oeuvre est
en même temps marquée par le cinéma de Pasolini et
c'est très différent dans la
tonalité.
Hervé
Joubert Laurencin
Oui. Si vous connaissez le cinéma de Sergio Citti, qui
est là encore totalement inconnu en France, vous pouvez
constater qu'il y a quelque chose de pasolinien, de sur-pasolinien,
mais pas du tout de la même façon que chez Cecilia
Mangini. J'avais une thèse là-dessus, qui est
peut-être fausse, selon laquelle Pasolini était
intimement lié aux rêves de Sergio Citti.
C'est-à-dire que leurs scénarios sont écrits en
osmose, à partir d'échange de rêves.
Concrètement, Pasolini a fondé toute une partie de son
cinéma sur l'univers onirique propre à Sergio
Citti, cela me paraît évident. Pour cette raison, on
reconnaît des éléments dans les films de Citti, qui
sont de l'ordre de l'inconscient, et qui se trouvent aussi chez
Pasolini. Je renverserai donc l'idée selon laquelle Citti
serait un continuateur, quelqu'un qui s'est nourri de Pasolini
parce qu'il n'était pas un intellectuel : tout ça est
absurde. On est dans l'ordre de la création, et à mon
sens Citti a apporté plus qu'il n'a
pris.
Jean-Claude
Biette
Oui, d'ailleurs Pasolini l'appelait son ''dictionnaire
ambulant''. C'était son conseiller linguistique,
déjà à l'époque de ses
romans.
Hervé Joubert
Laurencin
D'ailleurs, jusqu'à Salò, les films de
Pasolini sont écrits avec Citti et par Citti.
Salò, par exemple est un scénario entièrement
écrit par Sergio Citti, sur demande d'un producteur qui lui
avait fourni Les 120 journées, dans une édition
datant de l'époque où le livre était encore interdit
en Italie, où il portait alors le titre de I Seviziatori
della foresta nera. Citti a écrit son scénario comme
un film à gags, en considérant que les quatre hommes de
pouvoir étaient des comiques. Ensuite Pasolini, en travaillant
avec lui, s'est pris d'empathie pour le scénario et en a fait
le sien, mais en modifiant peu de choses, et ça on en est
sûr, parce qu'on a les manuscrits dans les archives : on sait
qu'il y a très peu de choses ajoutées par Pasolini dans
ce scénario. Ce n'est donc pas un film à cent pour cent
pasolinien, au sens où il aurait toujours eu ce projet, ou que
cela aurait été son obsession ; je ne crois pas
d'ailleurs qu'il ait eu une relation à Sade aussi proche et
aussi fascinée que les intellectuels français qu'il cite
à la fois amicalement et ironiquement dans la bibliographie du
film.
Jean-Claude
Biette
En fait, il détestait Sade! Je me souviens d'une
soirée chez Bertolucci où Pasolini avait pris dans une
bibliothèque un livre de Sade, en avait lu comme ça un
passage, à voix haute, pour le découvrir, et il
s'était exclamé: "Quelle horreur!". Et puis des
années après il est tombé sur Les 120
journées. Ce qui lui plaisait beaucoup dedans,
c'était le côté chiffre et mathématique
…
Par Olivier Bohler, rédacteur
en chef adjoint de La Gazette des scénaristes (http://www.manuscrit.com). Etudiant
en cinéma, il a consacré une DEA à Pasolini, il a
dirigé la publication d'un ouvrage collectif
sur Pasolini et
L'Antiquité (Ed. Institut de l'Image, Aix-en-Provence,
1997). Il est aussi l'auteur d'une traduction inédite du
film Médée.
|

VOIR
AUSSI

La vie et
l'oeuvre

Recueil de
photos

Les oeuvres de P.P. Pasolini

Autour de la figure de Pasolini
Salon du livre, Paris 2002

Livres

Écrits sur le
cinéma

Enrico
Minardi
La conception, de la langue
poétique chez Pasolini.
Les
œuvres
critiques et
dialectales
de jeunesse
(1940-1948)

Angela
Biancofiore
Université Montpellier III
Pasolini

Raja El
Fani
Le
cinéma antique
de
Pasolini et Fellini:
Œdipe roi,
Médée
et
Satyricon
|